Fiche Springsteen Deliver Me from Nowhere:

russel 19/01/26 5:12 1     Partager sur Facebook
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Note moyenne de cet épisode: 15.0 / 20 (1)
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15.0

On va bientôt se demander qui n'aura pas eu droit à son biopic. Donc Springsteen, c'est fait aussi. Ma grande peur quand le film commence sur le plan en noir et blanc de Bruce enfant pédalant sur son petit vélo, c'est qu'on ait à se taper toute sa vie, parce qu'en général on retombe toujours sur les mêmes figures. Et c'est pas totalement le cas ici bas puisque Springsteen a eu des soucis familiaux, mais ce sera plus un point d'écho que la charpente même de l'oeuvre. Rapidement le film se positionne sur une période charnière de la carrière du Boss, celle qui le verra accoucher de deux (Nebraska et Born in the USA) de ses albums majeurs et décisifs qui feront de lui une légende de la musique US et surtout lutter avec sa grosse turpitude qui est la dépression chronique. Alors ça change un peu car en revanche point de drogue à l'horizon, ce qui est trop souvent le gros challenge de tout artiste musical dans une bio.

Et donc pour incarner Springsteen, on nous colle Jeremy Allen White, méconnaissable parce que grosses lentilles sombres sur ses yeux bleus. Je ne connais pas trop l'acteur qui s'est principalement distingué dans la série The Bear que je n'ai pas suivie. C'est toujours compliqué de personnifier un mec aussi connu. Le plus souvent je n'avais pas l'impression que c'était Springsteen, sauf de loin en plissant les yeux ou filmé en contre plongée... C'est plus une sorte de mélange de Mathieu Amalric + un zest improbable de Seinfeld avec la coupe de cheveux de la rockstar... D'un point de vue jeu c'est assez déstabilisant car ce Springsteen semble toujours absent, lointain, perdu dans ses pensées et pas très énergique (même s'ils compose beaucoup). Loin de l'idée qu'on s'en fait sur scène, mais bon vu qu'on choisit de nous exposer une mauvaise passe de son existence, ça se tient aussi.

Le film est bien écrit, sait rendre sa matière humaine touchante, même si on n'est pas nécessairement un fan averti (comme moi). J'ai été épaté par le personnage de Jon Landau le manager qui tient littéralement le prétendu Boss à bout de bras. Surtout Deliver Me from Nowhere témoigne d'une industrie du disque qui permettait encore de faire émerger des talents créatifs en laissant le temps au temps de faire les choses sans que tout ne soit dicté par des algorithmes. L'artiste pouvait encore prétendre sortir ses tripes pour innover sans être enfermé par les seules conventions. C'est assez cramé ça désormais...




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